Comment la marque de chaussures fondée par le Tchèque Tomas Bata a conquis la planète. Le captivant portrait d’un industriel hors normes, pionnier de la mondialisation en Europe. Documentaire de Peter Kerekes à voir le 19 janvier 2019 sur Arte.

Descendant d’une longue lignée de cordonniers, Tomas Bata n’a que 18 ans lorsqu’il fonde avec son frère et sa sœur en 1894 une fabrique artisanale de chaussures à Zlin, alors en Autriche-Hongrie, aujourd’hui en République tchèque. Il en a 29 lorsqu’il part étudier les méthodes de production élaborées par Frederick Taylor et adoptées par l’industrie automobile américaine. Convaincu qu’elles sont la clé de la prospérité, l’autodidacte les instaure dans ses ateliers.

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Bientôt, l’entreprise Bata exporte avec succès ses bottines et souliers dans le monde entier. Après la crise de 1929, pour contrer l’augmentation des taxes douanières imposées par les États, il décide d’implanter des sites de production au plus près de ses clients. Des usines Bata sortent de terre en Suisse, en Inde et en France. L’essor de son empire n’en est qu’à ses prémices…

Marque mythique

Capitaliste paternaliste, Tomas Bata était persuadé que les « ouvriers produisent mieux s’ils sont heureux« . Avant sa disparition dans un accident d’avion en 1932, le fondateur de l’empire mondial de la chaussure a fait construire de véritables cités-usines, où ses employés avaient tout à portée de main : leurs postes de travail, mais aussi des logements, des écoles d’apprentissage ou des espaces de loisirs – piscine, stade et même, pour les cadres, salles de billard.

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Illustré par d’émouvantes archives, ce documentaire passionnant raconte l’histoire d’une marque mythique qui a rayonné sur la planète pendant un peu plus d’un siècle. Outre les éclairages des descendants du fondateur Tomas Bata, il réunit le témoignage de nombreux ouvriers cordonniers, actuels et retraités, notamment des sites de Kolhapur (Inde), Nairobi (Kenya) et Moussey, en Moselle, où le village de Bataville a accueilli jusqu’aux années 1990 plus de 1 500 employés et leurs familles. Doublé d’une réflexion sur le travail et son organisation, le captivant portrait d’un industriel hors normes, pionnier européen de la mondialisation.

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