ACTUALITES PARIS, 29 décembre 2018 (Youpost – Xinhua) — L’ex-collaborateur du président français Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, qui était au centre de la polémique en juillet dernier pour une interpellation musclée le 1er mai 2018, est à nouveau cité dans une affaire de passeports diplomatiques qu’il n’a plus le droit de détenir selon les accusations.
Le parquet de Paris a annoncé ce samedi l’ouverture d’une enquête visant M. Benalla, pour « abus de confiance et usage sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle » et pour « exercice d’une activité dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique ou d’une activité réservée aux officiers publics ou ministériels ».
L’enquête fait suite à un signalement du Quai d’Orsay sur la « non restitution et l’usage » des deux passeports diplomatiques qui avaient été attribués à Alexandre Benalla alors chargé de mission à la présidence de la République.
Cette nouvelle affaire a éclaté la semaine dernière après la publication d’un article par le site d’informations Mediapart qui révèle que M. Benalla, démis de ses fonctions de chargé de mission à la présidence de la République en juillet dernier, continue d’utiliser un passeport diplomatique délivré le 24 mai 2018, pour effectuer des voyages, notamment en Afrique et en Israël.
Le quotidien Le Monde en rajoute une couche dans sa publication de lundi dernier, où il indique que M. Benalla a effectué en début décembre un voyage à N’Djamena au Tchad, accompagné d’une délégation d’une douzaine de personnes, à bord d’un avion privé. Soit peu de temps avant le voyage d’Emmanuel Macron le 22 décembre dans le même pays.
Des informations qui ont suscité la polémique, fait réagir l’Elysée et le Quai d’Orsay. L’Elysée a indiqué vendredi dans un communiqué que M. Benalla n’a « plus aucune mission de quelque nature que ce soit pour le compte de l’Etat justifiant de l’utilisation de ces titres ». La présidence de la République dit n’avoir aucune information sur l’utilisation de ces passeports.
Le ministère français des Affaires étrangères a aussi indiqué n’avoir aucune information sur l’utilisation de ces documents par M. Benalla. Il a toutefois rappelé dans un communiqué avoir déjà demandé à M. Benalla, « par lettre recommandée du 26 juillet 2018, de restituer les deux passeports diplomatiques en sa possession, une seconde lettre recommandée lui a été adressée le 10 septembre 2018 ».
Selon le ministère qui a décidé de saisir le procureur, toute utilisation de ces passeports postérieure à la fin des fonctions qui avaient justifié leur attribution serait contraire au droit. Filmé en train de frapper un manifestant lors du rassemblement du 1er mai 2018, Alexandre Benalla alors chargé de mission à la présidence de la République sera mis en examen pour « violence volontaire », et licencié pour motif disciplinaire.
M. Benalla avait été interpellé sur la question de ces passeports diplomatiques lors de son audition au Sénat sur sa participation à une interpellation musclée le 1er mai 2018. « Ils (les passeports) sont au bureau que j’occupais à l’Elysée, donc je pense que l’Elysée a dû s’en occuper », a répondu l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron.
Une affaire de plus pour les opposants au régime d’Emmanuel Macron qui réclament toute la vérité. « Le pouvoir a cherché à relativiser l’importance de l’affaire Benalla au mois de juillet mais tout indique que cet individu n’était pas un homme comme les autres », a déclaré vendredi sur Europe 1 le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.
Le député Eric Coquerel de La France insoumise parle de « scénario d’une série politico-policière » et demande sur son compte tweet que « se réouvre une commission d’enquête à l’assemblée nationale sur tous les tenants des affaires Benalla ». « Ce serait un minimum dans une démocratie normale ».
La même demande de vérité est formulée à droite, notamment chez Les Républicains depuis jeudi dernier. « Le président de la République n’a jamais vraiment répondu aux Français sur le rôle d’Alexandre Benalla à l’Elysée. On demande que la lumière soit faite parce que c’est encore une succession de mensonges, de contradictions », a réagi sur Franceinfo Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains.
Même le groupe parlementaire UDI-Agir, proche de la majorité attend des explications. « Ça suffit ! Je crois qu’à un moment ou à un autre, il faudra qu'[Emmanuel Macron] s’exprime sur le sujet (…) qu’il (Benalla) ait encore un passeport diplomatique dépasse l’entendement ! République trouble ? « , a écrit surson compte le député Jean-Christophe Largarde, président de UDI-Agir. Fin

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