Par Claudine Girod-Boos
PARIS, 6 avril (Xinhua) – Face à la crise des « Gilets jaunes » qui secoue la France depuis novembre dernier, « le pouvoir en place s’emploie à caricaturer et délégitimer » les revendications d’une France qui va mal au risque de « mettre le feu aux poudres », estime, dans un entretien avec Xinhua, la politologue française, Virginie Martin, qui enseigne à Kedge Business School.
« La France des Gilets jaunes va toujours aussi mal. On observe une profonde fracture, persistante, un gros ‘gap’, entre les revendications légitimes des ‘Gilets jaunes’ concernant non pas le pouvoir d’achat comme on l’entend, mais bien davantage le ‘reste à vivre' », constate la politologue française Virginie Martin.
« L’Exécutif ne travaille pas à retisser les liens, et les conséquences peuvent être terribles », juge l’enseignante à Kedge Business School.
« Le pouvoir continue sa marche, selon son propre agenda, sans prendre en compte ce qui le dérange. Il semble refuser de faire société avec toutes les franges de la société », estime celle qui, pendant la campagne présidentielle de 2017, soulignait déjà que le fondateur d’En Marche ! s’adressait d’abord à la « France des insiders ».
« Il ne faut pourtant pas oublier que la République française est ‘une et indivisible’, un principe inscrit dans la Constitution », rappelle la docteure en sciences politiques.
Pour Virginie Martin, « la forme très normée du grand débat national lancé par Emmanuel Macron ne répond aucunement aux demandes d’horizontalité et aux questions simples exprimées par les contestataires ».
La consultation qui dure depuis mi-janvier a conduit le chef de l’Etat à sillonner le pays en multipliant les rencontres avec des maires, un millier de jeunes, une soixantaine d’intellectuels invités à l’Elysée…
Selon de nombreuses enquêtes d’opinion, une grande majorité des Français ne sont pas pour autant convaincus de l’utilité et de la portée de cet exercice, dénoncé par certains comme une campagne déguisée en vue des élections européennes de mai prochain.
« La Politique, avec une majuscule, au sens de faire commun et respecter la volonté générale, s’est dans une certaine mesure éteinte avec Emmanuel Macron. Sa fameuse ‘Start-up Nation’ et son new management public apparaissent comme de fausses bonnes idées », déclare Virginie Martin. Fin

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