ACTUALITES MARRAKECH, 17 avril 2019 (Youpost – Xinhua) — Les progrès accomplis dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) sont encore lents dans de nombreux pays africains et le rythme et l’échelle actuels ne permettront pas à l’Afrique de les atteindre d’ici 2030, a constaté la secrétaire générale adjointe de l’ONU et secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe.
En décembre 2018, la CEA a lancé l’Horloge de mesure de la pauvreté, qui affiche en temps réel les prévisions concernant les taux de pauvreté de chaque pays du continent. Cette horloge montre que d’ici 2030, à l’exception de quelques pays d’Afrique du Nord, aucun pays africain ne sera réellement en voie de réduire le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Dans certains pays, le nombre de personnes vivant dans des conditions aussi difficiles va même augmenter, a fait savoir Mme Songwe dans une allocution prononcée en son nom par sa secrétaire exécutive adjointe, Giovanie Biha, lors de la 5e session du Forum régional africain pour le développement durable (FRADD) qui a ouvert ses travaux mercredi à Marrakech.
Ainsi, le taux de croissance économique moyen des pays africains, qui était de 3,2% en 2018, reste en deçà de ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs de développement durable sur le continent. Le taux de croissance du PIB par habitant, qui est actuellement de 0,6%, doit plus que tripler.
« Le temps presse et il nous faut des mesures urgentes et innovantes pour sortir les populations africaines de la pauvreté », a lancé Mme Biha à l’adresse de l’assistance.
S’agissant des sous-thèmes que le Forum examine cette année, les préoccupations sont tout aussi alarmantes. Pour ce qui est d’assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, il est à noter que l’Afrique a la plus faible proportion d’enseignants formés au monde et que le nombre d’enseignants formés aux niveaux primaire et secondaire est encore très faible par rapport aux besoins.
En ce qui concerne la promotion d’une croissance économique et d’un travail décent pour tous, le plein-emploi productif demeure un défi de taille pour les pays africains, qui ont le taux le plus élevé d’emplois vulnérables au monde avec une moyenne de 66% et où l’emploi dépendant du secteur informel est extrêmement répandu à un taux estimé à 85%.
Des progrès considérables ont été réalisés pour sortir les populations de la pauvreté et réduire les inégalités, mais l’Afrique reste encore l’une des régions du monde les plus inégales avec de grandes disparités de revenus et de richesse, d’accès à la nourriture, aux soins de santé, à l’éducation, à l’énergie, à la terre, à l’eau potable et à d’autres actifs et ressources essentiels pour mener une vie pleine et digne.
De plus, le continent est toujours gravement touché par les effets néfastes des changements climatiques, comme on a pu le voir récemment avec les conséquences catastrophiques du cyclone tropical Idai au Mozambique, au Malawi et au Zimbabwe qui a fait des centaines de morts, déplacé près de 150.000 personnes et gravement endommagé les infrastructures essentielles de ces pays.
Mme Biha a enfin appelé à ce que le FRADD serve de catalyseur pour des actions spécifiques visant à accélérer la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
« L’un des moyens d’y parvenir est d’élargir les possibilités d’apprentissage par les pairs au sein du Forum régional sur les expériences de mise en œuvre des deux programmes et d’élaborer des stratégies fondées sur des recherches empiriques et analytiques, le but étant de faire en sorte que chaque Forum débouche sur des solutions et une feuille de route pratique pouvant aider les pays, en particulier ceux qui ont l’intention de mener des examens nationaux volontaires, à appliquer leur programme de développement », a-t-elle souligné.
Initiée sous le thème « Donner des moyens d’action aux populations et assurer l’inclusion et l’égalité », la 5e session du FRADD est organisée par le royaume du Maroc en collaboration avec la CEA.
Cet événement continental africain, présidé par le chef du gouvernement marocain Saad Eddine El Otmani, réunit des décideurs et des experts venant de gouvernements et d’organisations intergouvernementales, du secteur privé et d’organisations de la société civile.
Selon les organisateurs, cette session est une étape clé dans le processus de préparation du continent africain au Forum politique de haut niveau de 2019. Celui-ci se tiendra du 9 au 18 juillet prochain à New York sous les auspices du Conseil économique et social de l’ONU, et constituera une occasion pour les participants de discuter, à l’échelle régionale, des objectifs de développement durable et des objectifs correspondants de l’Agenda 2063.
Le Maroc, en tant que pays hôte, prendra la relève du Sénégal et deviendra le président du FRADD pour une année. Dans ce cadre, le royaume aura la responsabilité de présenter les recommandations issues de cette session au Forum politique de juillet prochain.
Parallèlement aux sessions formelles qui se dérouleront en plénières et en travaux de groupe, des événements seront organisés dans le but de partager les expériences en matière de développement durable au niveau régional.
Ce forum régional est une plateforme intergouvernementale mise en place par la CEA en collaboration avec d’autres organismes du système des Nations Unies, la Commission de l’Union africaine et la Banque africaine de développement.
Il se propose d’évaluer les progrès accomplis, d’échanger les expériences dans le domaine du développement durable en Afrique et de formuler des recommandations visant à accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 au niveau régional. Fin

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